Introduction

Sous le financement de l’Union Européenne, la Plateforme Noyau de Paix-Isoko ry’Amahoro en collaboration avec la Commission Diocésaine Justice et Paix de Cyangugu et la Commission Diocésaine Justice et Paix de Byumba mettent en exécution le projet de réhabilitation psychosociale et économique des prisonniers pour leur réintégration dans la vie familiale et communautaire « Hinduka Ugaruke Twiyubake». Ce projet est réalisé dans les prisons de Rusizi et de Gicumbi et dans les communautés des Districts de Rusizi, Nyamasheke et Gicumbi. Dans ces prisons, parmi les activités réalisées, il y a les sensibilisations à l’unité, à la réconciliation, à la demande et à l’accord de pardon ainsi que l’apprentissage des métiers aux détenus pendant leur période carcérale. L’accompagnement fait aux prisonniers pour leur bonne intégration commence à produire des résultats positifs. C’est le cas des personnes libérées originaires du District de Nyamasheke. Ces prisonniers accompagnés par la Commission Diocésaine Justice et Paix de Cyangugu qui sont déjà rentrés depuis 2020, les métiers appris et le matériel reçu leur servent non seulement dans le gain de leur pain quotidien mais aussi dans les initiatives d’entraide avec les membres de la communauté d’accueil dont les familles des victimes du génocide, les membres des associations d’unité et réconciliation, les autorités locales de base et les structures pastorales au niveau des paroisses.,

Ci-dessous, les exemples de ces initiatives démontrant que les prisonniers accompagnés se sont bien intégrés grâce à leur participation active dans les initiatives de solidarité entreprises par la Commission Justice et Paix du Diocèse de Cyangugu toujours dans le cadre du projet Hinduka Ugaruke Twiyubake.

Construction de la maison de Joséphine MUKARUTASI, rescapée du Génocide

MUKARUTASI Joséphine est née en 1954. Durant le génocide perpétré contre les Tutsis, elle a perdu son mari et quatre enfants. En 1997, elle a bénéficié d’une maison qui, actuellement était très endommagée et les tôles détruites comme le montre la photo prise en décembre 2020.

Photo 1

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Avec le plaidoyer fait par la Commission Justice et Paix, le Secteur Kagano/District Nyamasheke a donné 25 tôles urgemment pour secourir la vie des membres qui vivaient dans cette vieille maison (Photo 1)
La Commission Justice et Paix s’est servi des membres des groupes d’unités et réconciliation pour chercher le matériel de construction. Pour ce faire, la Commission Justice et Paix a aussi organisé les travaux communautaires pour trouver l’abri pour cette famille.

Grâce aux prisonniers libérés intégrés dans des groupes d’unités et de réconciliation qui ont appris la maçonnerie et la menuiserie en prison dans le cadre du projet « Hinduka Ugaruke Twiyubake » en solidarité avec les membres des associations d’unité et réconciliation « Abiyunze, Icyerekezo, Abagirimpuhwe », la construction de cette maison atteint le niveau actuel montré par les Photos 2 et 3.

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Photo 2 à Gauche

Photo 3 à Droite

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Construction de la maison de KAYIJUKA Lambert, Prisonnier libéré

Né en 1959, père de 7 enfants. Il a été emprisonné 22 ans à cause de sa responsabilité dans le génocide.
Il a demandé pardon grâce à la sensibilisation faite par la Commission Justice et Paix dans la prison de Rusizi.
Il a été libéré le 20/5/2021. Arrivant dans sa famille, la maison était totalement usée et sa femme très vulnérable ne pouvait pas construire une autre surtout que cette famille a un enfant vivant avec l’handicap psychomoteur total. Actuellement, ils vivent à la maison au nombre de 5 personnes car les 2 garçons ont quitté la maison à cause de la pauvreté de la famille.

La Commission Justice et Paix s’est servi des membres des groupes d’unité et réconciliation, de mouvements d’action catholiques pour rassembler le matériel.

Les prisonniers libérés intégrés et réunis dans des groupes d’unités et réconciliation qui ont appris les différents métiers (maçonnerie et menuiserie) en prison construisent la maison qui atteint le niveau de la charpente comme le montre la photo (2).

La couverture de la maison (tôles) sera donnée par le secteur de Kagano/District de Nyamasheke.

La photo 4 Montre la Maison très défectueuse et la photo 5 montre la Maison en construction

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Photo 4 à Gauche

Photo 5 à Droite

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Le prix de la réconciliation au Rwanda : Le projet ‘’Hinduka Ugaruke Twiyubake’’ commence à porter ses fruits.

Depuis mars 2020, la Plateforme Noyau de Paix-Isoko ry’Amahoro en collaboration avec la Commission Justice et Paix du Diocèse de Byumba met en œuvre le « Projet de réhabilitation psychosociale et économique des prisonniers pour leur réintégration dans la vie familiale et communautaire -HINDUKA UGARUKE TWIYUBAKE- » financé par l’Union Européenne.
• Habyarimana Jean Bosco, ex-prisonnier du génocide et Ntaganira Félicien, rescapé du génocide témoignent s’être réconciliés et cohabitent en paix.

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En date du 21/01/2022, une délégation du NPIA et celle de la CDJP Byumba a visité Habyarimana Jean Bosco (assis à l’extrémité droite), ex-prisonnier du génocide, originaire de la Cellule Kabeza, Secteur Mutete dans la Paroisse de Mutete, qui a été accompagné par le projet HINDUKA UGARUKE TWIYUBAKE dans son cheminement de réintégration dans la vie familiale et communautaire, après 25 ans qu’il a passé dans la prison. Lors de cette visite, il y avait aussi Monsieur Ntaganira Félicien, rescapé du génocide perpétré contre les tutsis en 1994 (assis à l’extrémité gauche) dont les membres de sa famille ont été tués par Monsieur Habyarimana Jean Baptiste.

• Un abri, besoin de base pour Monsieur Habyarimana Jean Baptiste, à la sortie de la prison.

Les membres du Club d’Unité et réconciliation et ceux de la Communauté en général ont aidé Monsieur Habyarimana Jean Baptiste à avoir un abri après quelques mois de retour dans la communauté. En rentrant, il a été hébergé par un voisin car la maison de ses parents était presque détruite étant donné que pendant sa période carcérale, ses parents et les autres membres de sa famille sont décédés.

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Nouvelle maison en construction

Vieille maison de ses parents

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• La demande et l’accord de pardon de la part de Monsieur Ntaganira Félicien, victime de ses actes lui assurent une paix intérieure.

Monsieur Habyarimana Jean Bosco, pendant le génocide, étant encore jeune, a pris part dans les actes d’extermination des membres de la famille de Monsieur Ntaganira Félicien, dont son père, ses deux enfants et sa nièce. Les sensibilisations à l’unité et à la réconciliation, basées sur la demande et l’accord de pardon effectuées d’une part à la prison par la CDJP et d’autre part dans la communauté par les accompagnateurs psycho sociaux et animateurs communautaires du projet Hinduka Ugaruke Twiyubake, ont été une voie de réconciliation entre Monsieur Habyarimana Jean Bosco et Monsieur Ntaganira Félicien. Aujourd’hui, ils partagent tout comme de bons voisins.

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De gauche à droite, Monsieur Ntaganira Félicien (rescapé du génocide) et Monsieur Habyarimana Jean Bosco et son épouse.

Les ex-prisonniers louent le programme de réintégration socio-économique du projet ‘’Hinduka Ugaruke Twiyubake’’.

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Dans leurs activités de recherche sur les résultats réalisés par les clubs d’unité et réconciliation qui ont été créés dans tout le pays, les sénateurs Faustin HABINEZA et Cyprien NIYOMUGABO, membres de la commission chargée des affaires sociales et du droit de l‘homme du parlement du Rwanda, ont visité en date du 9 Février 2022 le club d’unité et réconciliation dénommé « Ntibizongerukundi » regroupant 81 personnes composées par les ex-prisonniers et les victimes de leurs crimes ressortissant de la Cellule Rebero, secteur de Muko, District de Gicumbi. Après les échanges et les témoignages des membres des clubs sur des faits visibles d’unité et réconciliation, ces Sénateurs ont beaucoup apprécié les réalisations du club dans le processus de l‘unité et réconciliation des membres ainsi que leur développement socio-économique obtenues grâce au « Projet de réhabilitation psychosociale et économique des prisonniers pour leur réintégration dans la vie familiale et communautaire -HINDUKA UGARUKE TWIYUBAKE- » financé par l’Union Européenne.

La demande et l’accord de pardon comme pilier d’une vraie réconciliation.
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Baziyaka Wellars en costume noire et Kantarama Théonile en écharpe bleu Pendant le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda, Baziyaka a participé au massacre des membres de la famille de Kantarama. A sa sortie de prison après 15 ans, suite aux sensibilisations à l’unité et à la réconciliation, basées sur la demande et l’accord de pardon effectuées par les accompagnateurs psycho sociaux et animateurs communautaires du projet Hinduka Ugaruke Twiyubake Kantarama et Baziyaka se sont réconciliés et sont devenus actuellement membres actifs du Club d’unité et réconciliation de la Cellule Rebero. Pour aider Monsieur Baziyaka dans son intégration socio-économique, Madame Kantarama lui a donné une vache. Depuis lors, Baziyaka participe à la réintégration des autres prisonniers libérés et aux activités de sensibilisation communautaire à la demande et à l’accord de pardon comme pilier d’une vraie réconciliation. Ces sensibilisations sont effectuées dans le cadre du projet « HINDUKA UGARUKE TWIYUBAKE » mis en œuvre par le Noyau de Paix avec la CDJP-Byumba financé par l’Union Européenne.

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Baziyaka est en train de nourrir sa vache lui donnée par Kantarama

Depuis mars 2020, la Plateforme Noyau de Paix-Isoko ry’Amahoro en collaboration avec la Commission Justice et Paix du Diocèse de Byumba met en œuvre le « Projet de réhabilitation psychosociale et économique des prisonniers pour leur réintégration dans la vie familiale et communautaire -HINDUKA UGARUKE TWIYUBAKE- » financé par l’Union Européenne. Parmi les activités réalisées, il y a l’appui en matériel de base aux prisonniers libérés pour mettre en application les métiers appris. Dans ce cadre, la Commission Justice et Paix du Diocèse de Byumba vient de donner des kits aux 59 ex-prisonniers.

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• Reconnaissance de Madame Fortunée Nibakure pour une machine à coudre bénéficiée.
Madame Fortunée Nibakure est l’une des 12 femmes, ex-prisonnières qui viennent de bénéficier des kits pour les métiers appris dans la Prison. Elle est originaire du Secteur Mukarange, District de Gicumbi. Après l’expiration de sa peine de 7 ans passée en prison pour homicide volontaire, elle est rentrée chez elle sans aucun moyen de subsistance. Ayant appris la couture pendant sa période carcérale, elle a eu la chance de bénéficier du projet ‘’Hinduka ugaruke Twiyubake’’ une machine à coudre et elle a commencé à mettre en application son métier.
• ‘’Avec une machine à coudre, ma vie a complètement changé’’

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Madame Fortunée Nibakure, affirme qu’avant d’avoir sa propre machine à coudre, elle avait commencé à travailler pour les autres et gagnait peu d’argent pour survivre. Mais actuellement, elle n’hésite pas à témoigner qu’elle devenue une vraie entrepreneuse, car elle vient de démarrer un muni atelier de couture dans lequel, en plus de la couture, elle vend des tissus aux habitants de sa région.